Babel et typographie
Au sujet de la nouvelle de Borgès, La Bibliothèque de Babel, écrite en 1941
Dans cette nouvelle, Borges aborde des thèmes aussi différents que la langue, l’infini, les mathématiques, la traduction, le babélisme, l’architecture. La bibliothèque décrite par Borgès renferme dans ses livres (du même gabarit, nombre de pages, nombre de signes, etc.) la totalité - finie - des discours possibles. Ces contenus, combinaisons d’un nombre fini de signes, n’existent conceptuellement que de manière différentielle. Il n’existe pas deux ouvrages identiques. Tout est écrit, dans les limites de l’ensemble des signes typographiques disponibles.
« Chacun des murs de chaque hexagone comporte cinq étagères ; chaque étagère comporte trente deux livres, tous de même format ; chaque livre a quatre cent dix pages ; chaque page, quarante lignes, et chaque ligne, environ quatre-vingt caractères noirs. » La structure de cette bibliothèque est calquée sur cette logique combinatoire. Ainsi, la typographie, construction graphique au service d’une parole, semble s’imposer dans cette rencontre, où l’espace de l’architecture enregistre l’espace des possibles de la langue. La typographie toujours, matière dense ou légère, texture de signes, forme solide, déborde ici le cadre étroit de la mise en page pour se « mettre en espace » et reconstruire une architecture à deux niveaux de lecture dans une hésitation constante entre visible et lisible.
Ce site a pour ambition de numériser l’ensemble des ouvrages de la bibliothèque. Pour information, le nombre de livres contenu dans la bibliothèque comporte 1 834 097 chiffres
Chez Norm, la contrainte est à l’échelle du signe. Elle se situe avant la bibliothèque de Babel. La contrainte génère une énorme quantité de formes qui n’ont pour nous aucun sens. Mais qu’est ce qui fait que les formes de lettres que nous utilisons ont le sens qu’elles ont ?